Oeufs contaminés : cinq entreprises françaises concernées

10 Août, 2017, 15:55 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • BELGA  AFP  SABAH ARAR

Samedi, cette agence avait reconnu qu'elle avait connaissance depuis juin d'un "problème de fipronil dans le secteur avicole", mais la Belgique n'en a informé ses pays voisins, par un système d'alerte européen, que le 20 juillet. Il s'agit d'un produit antiparasitaire, utilisé dans les élevages de poule, non autorisé en France.

Au moins cinq entreprises françaises ont importé des Pays-Bas et de Belgique des oeufs contaminés au fipronil, selon un bilan actualisé mardi soir par le ministère de l'Agriculture. Il est strictement interdit pour les animaux destinés à la consommation humaine. Elles viseraient également le fournisseur belge Poultry-Vision, qui avait acquis de grandes quantités de fipronil en Roumanie, selon les médias.

Sa découverte dans des élevages a conduit au blocage de 180 exploitations aux Pays-Bas et au rappel massif pour destruction de millions d'œufs dont la coquille présentait des traces de cette substance. Pour tenter de rassurer les consommateurs, les éleveurs néerlandais ont déjà abattu plus de 300 000 poules traitées au fipronil et on parle maintenant de millions de volailles promises à l'abattoir.

L'entreprise assure avoir retiré " par précaution " dès lundi matin " tous les lots en provenance de ce pays, soit une cinquantaine de tonnes " et avoir effectué des rappels de produits, qui servent notamment à la fabrication de plats préparés et de pâtes, auprès de ses clients. Et des enquêtes pénales ont été ouvertes en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne pour déterminer la responsabilité des différents à l'origine de la contamination.

A l'heure actuelle, seul un élevage dans le Pas-de-Calais a été placé sous surveillance après le signalement par l'éleveur de l'utilisation de ce produit par son fournisseur belge. Le ministère de l'Agriculture affirme qu'"aucun œuf issu de cet élevage n'a été mis sur le marché". Les lots contaminés représentaient environ cinq tonnes. Les documents de traçabilité des produits finis sont aussi contrôlés. Des investigations ont immédiatement été lancées par les services de contrôles "pour évaluer la situation et bloquer les produits incriminés à des fins d'analyse". Hier, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, encadré par des techniciens de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), a insisté sur le fait que les produits fabriqués avec des oeufs contaminés et potentiellement déjà commercialisés en France ne présentaient a priori "pas de danger pour la santé humaine ". Et promet de réévaluer la situation "en temps réel".

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