Les boîtes de nuit et festivals vont devoir baisser le volume

10 Août, 2017, 11:49 | Auteur: Abel Leblanc
  • Festivaliers lors du festival des Vieilles Charrues

Désormais, lorsque les activités musicales leur seront destinés, le niveau sonore moyen ne devra plus dépasser 94 décibels. C'est pourquoi, pour "protéger l'audition du public", une série de mesures a été publiée au Journal officiel.

"Merci de baisser le son".

Le niveau sonore moyen, mesuré sur 15 minutes, ne pourra "à aucun moment et en aucun endroit accessible au public" dépasser 102 décibels, détaille le texte, alors que le niveau maximal était fixé, depuis 1998, à 105 décibels. Des obligations qui s'appliquent à toutes les discothèques et tous les festivals, ainsi qu'aux autres lieux diffusant de la musique amplifiée "à titre habituel" et pouvant accueillir plus de 300 personnes.

C'est surtout dans les petites salles que ça va poser problème, estime Joseph Gatineau, ingénieur du son notamment pour le groupe Radio Elvis. "Moi je ne peux faire que plus fort, je ne peux pas faire moins fort", confirme Matthieu Rendu, ingénieur de Yuri Buenaventura, dont l'orchestre compte des percussions et des cuivres produisant déjà un volume "extrêmement fort" sans amplification.

Rassurez-vous, les cinémas et autres "établissements spécialisés ou supérieurs de la création artistique" ne sont pas concernés par ces restrictions -hormis la limite des 102 décibels.

Pour assurer un meilleur respect de ces niveaux, les endroits concernés devront afficher en continu le niveau sonore, l'enregistrer et tenir ces enregistrements à disposition en cas de contrôle.

Le décret comporte aussi plusieurs mesures de prévention: les lieux concernés auront pour obligation "d'informer le public sur les risques auditifs", "mettre à disposition du public à titre gratuit des protections auditives" du type bouchons d'oreilles, qui reste la "meilleure solution" selon Laurent Droin. Les organisateurs d'événements en plein air devront également effectuer des "études d'impact" pour évaluer l'effet du bruit sur le voisinage. En France, 12 à 13% de la population, soit 6 à 8 millions de personnes sont touchées par des problèmes d'audition, selon l'association JNA (Journée Nationale de l'Audition).

En cas d'infraction, une contravention de 1 500 euros (3 000 en cas de récidive) et la confiscation du matériel de sonorisation sont encourues. Selon Laurent Droin, directeur du Centre d'information et de documentation sur le bruit, il s'agit avant tout de "prévention" et d'un "compromis satisfaisant entre la protection des auditeurs et la faisabilité".

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