Guérir des maladies héréditaires avant la naissance, c'est possible

04 Août, 2017, 15:18 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Une équipe américaine a génétiquement modifié des embryonsPlus

Mais cette manipulation génétique, si elle permet d'empêcher le développement de maladies, pose également une question éthique. Une équipe de chercheurs de l'Oregon, aux États-Unis, a réussi à corriger des gènes défectueux dans des embryons humains, comme le rapporte une étude publiée dans la revue Nature, ce mercredi 2 août.

Si cette technique peut permettre de corriger des gènes défectueux responsables de maladies, elle pourrait aussi théoriquement produire des bébés dotés de certains traits physiques (couleur des yeux, force musculaire, etc) et aussi plus intelligents, soulevant d'importants problèmes éthiques.

Pour le moment, la recherche sur les embryons humains est strictement encadrée.

L'étude a été menée au sein de l'université des Sciences et de la Santé d'Oregon (OHSU) aux Etats-Unis par des scientifiques américains, chinois et sud-coréens.

Cette méthode "peut potentiellement servir à prévenir la transmission de maladies génétiques aux générations futures ", a commenté lors d'une conférence de presse l'un des auteurs de l'étude, Paula Amato. L'outil utilisé est la technique CRISPR-Cas9, découverte majeure dévoilée en 2012 par une scientifique française. Ces scientifiques n'ont pas laissé ces embryons modifiés se développer au-delà de quelques jours.

Elle est basée sur une enzyme qui agit comme des ciseaux moléculaires.

L'équipe de chercheurs a utilisé cet outil révolutionnaire pour corriger, dans des embryons humains, le gène porteur de la cardiomyopathie hypertrophique. Ces derniers peuvent enlever des parties indésirables du génome de façon très précise pour les remplacer par de nouveaux morceaux d'ADN, un peu comme lorsqu'on corrige une faute de frappe dans un logiciel de traitement de texte.

Les résultats ont été concluants.

Les résultats sont plus qu'encourageants puisque 72% des embryons (42 sur 58) ont été corrigés alors que ce taux aurait été de 50% sans les fameux ciseaux génétiques.

" Il y a encore une marge de progression dans l'efficacité avant de passer à des essais cliniques ", explique Shoukhrat Mitalipov, l'un des principaux auteurs de l'étude.

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