Les Français de moins en moins respectueux des recommandations alimentaires

12 Juillet, 2017, 22:12 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Nous mangeons trop de pizzas et de plats préparés

Voici le repas type des Français, selon la dernière étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), publiée mercredi 12 juillet. " Il est alors difficile d'appliquer les recommandations du programme national nutrition santé (PNNS) fondées sur les aliments bruts ", commente Carine Dubuisson, coordinatrice scientifique de l'étude. En cause: une consommation excessive de pains, sandwichs, pizzas, pâtisseries salées, condiments et sauces, ainsi que de soupes et de charcuteries. Les volontaires ayant participé à l'étude consomment majoritairement des œufs crus (cela concerne 65 % des plus de 15 ans), mais les poissons crus progressent, notamment sous forme de sushis (31 % de cette même tranche d'âge), et particulièrement en Île-de-France (68% des adolescents et 48 % des adultes).

Les apports moyens en sel sont encore supérieurs par rapport à l'objectif du PNNS (7 gr vs 6,5 pour les femmes, et 9 vs 8 pour les hommes), et les apports en fibres, trop faibles par rapport aux recommandations de l'ANSES (20 g/j au lieu de 30).

L'étude montre par ailleurs, une consommation croissante de denrées animales crues, et de denrées auto-produites, ce qui prouve que les Français se remettent à cultiver leur jardin. " La situation nutritionnelle est préoccupante " a insisté la responsable scientifique, face à un statut pondéral préoccupant (17 % des enfants en surpoids ou obésité, 51 % des adultes), l'inactivité physique, et la sédentarité (80 % des adultes de 18-79 ont 3 heures d'activités sédentaires par jour, et le temps passé devant les écrans a augmenté de 20 minutes chez les enfants et de 1h20 chez les adultes, depuis 2006-2007).

Autre enjeu en termes de sécurité microbiologique des aliments: la température des réfrigérateurs.

En outre, INCA 3 met en lumière de nouveaux enjeux, comme le développement de l'approvisionnement local pour les fruits et légumes, les œufs, les pommes de terre (jusqu'à 75 % de la population), qui échappe aux contrôles officiels de salubrité ou à la documentation des contaminations chimiques ou biologiques.

L'Anses observe encore un autre comportement à risque: l'allongement du temps de conservation des denrées périssables avant leur consommation, et surtout des dépassements plus fréquents des dates limites de consommation. Certains ménages équipés d'un puits ou d'un forage privé consomment même de l'eau qui en est issue et n'a subi au préalable aucun traitement.

Plus de 5 800 personnes ont vu leur consommation alimentaire scrutée entre 2014 et 2015, permettant à l'Anses de recueillir 13 600 journées de consommations représentatives des habitudes des Français. Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l'évaluation des risques, se dit "surpris de voir qu'un individu sur deux consomme chaque semaine des produits locaux ".

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