La ministre de l'Enseignement supérieur regrette un "énorme gâchis"

17 Juillet, 2017, 14:04 | Auteur: Valentin Naude
  • 87 000 jeunes sont encore dans l'expectative

Invitée de France Inter, la ministre de l'Enseignement supérieur a évoqué les résultats de la troisième phase d'admission, suite à laquelle près de 87.000 bacheliers sont toujours en attente d'une place à l'université. Quand les demandes sont supérieures aux capacités d'accueil, les élèves sont tirés au sort.

Face aux ratés du site admission post-bac (APB) qui laissent, pour le moment, plusieurs milliers de bacheliers dans l'impasse, le gouvernement réunit, aujourd'hui, les acteurs du monde éducatif.

"On est en train de travailler avec les présidents d'université et avec les rectorats", a souligné Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur.

"On est en train de travailler avec les présidents d'université et avec les rectorats pour voir si on peut augmenter le nombre de places qui seront offertes aux étudiants à la rentrée 2017", a tenté de rassurer Frédérique Vidal. "C'est un énorme gâchis et cette année il est encore amplifié par le fait que la démographie étudiante a mis sur le système APB 40 000 étudiants de plus et que pour la première fois les étudiants en fin de première année qui souhaitaient se réorienter ont été appelés aussi à utiliser ce système et, donc, ce sont 150 000 étudiants supplémentaires qui ont été mis en plus dans ce système".

Le premier round de discussions qui débute lundi après-midi vise à trouver des solutions pour réduire l'échec à l'université (seulement 40% d'étudiants bouclent leur licence en trois ou quatre années) et à mettre fin au tirage au sort à l'entrée, un système "injuste et qui démotive les élèves", selon Christophe Castaner. Dans une lettre adressée fin juin aux présidents d'université, Frédérique Vidal soulignait que ce contrat de réussite reposera sur "les souhaits exprimés par les futurs étudiants", "les exigences propres à chaque cursus diplômant" et "les capacités d'accueil des formations". "Il faut qu'on soit en capacité de donner une réelle information aux étudiants y compris sur leur probabilité de réussir" à travers les "prérequis", a-t-elle ajouté.

Reste à définir ces "prérequis", qui "peuvent cacher le meilleur comme le pire", selon Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant.

Pour l'Unef, l'autre grand syndicat étudiant, "derrière les mots +prérequis+ ou +contrat de réussite+ se cache une sélection déguisée".

Après le premier round de concertation ce mois-ci, d'autres rencontres devraient intervenir en septembre et octobre, avec pour but un accord fin octobre.

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