Coupes budgétaires: le chef d'état-major des armées menace de démissionner

17 Juillet, 2017, 14:06 | Auteur: Valentin Naude
  • Florence Parly ministre des armées lors d’une cérémonie le 27 juin 2017 à Pamiers. Jusque-là les dépenses supplémentaires occasionnées par les opérations militaires de la France à l’étranger étaient supportées par l’ensemble des mini

Jean-Jacques Bridey, président (La République en marche) de la commission de la défense de l'Assemblée et conseiller défense d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, "regrette" le "choix" d'imposer 850 millions d'euros d'économies au ministère de la Défense en 2017. Après avoir rappelé qu'il a reconduit Pierre de Villiers dans ses fonctions le 1er juillet et que ce dernier a donc "toute [sa] confiance", le Président précise que le chef d'état-major doit simplement bien "savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l'armée". "Méfiez-vous de la confiance aveugle; qu'on vous l'accorde ou que vous l'accordiez". A la question de Jérôme Chapuis, la ministre des armées Florence Parly, invitée de RTL, répond que Pierre de Villiers sera présent au défilé du 14 juillet, sans en dire plus sur son avenir. Le chef de l'Etat a également annoncé que "200 millions d'euros seront consacrés au renforcement de la protection de nos forces partout où elles sont engagées", en écho aux inquiétudes du général de Villiers. "Personne ne mérite d'être aveuglément suivi". Une saillie particulièrement rude mais empreinte d'impuissance après l'annonce des économies demandées à l'ensemble des ministères la veille par le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a plaidé pour une " réduction du train de vie " de l'Etat afin de tenir le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2017. Le budget des armées en baisse de 850 millions d'euros. La facture totale s'élève à 1,4 milliard d'euros pour une armée déjà largement contrainte budgétairement. Dans une allocution très ferme donnée devant les militaires, le président recadre les protestataires: "Je considère qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique, insiste le chef de l'Etat".

"Quand vous êtes chef, de temps en temps il faut aussi montrer votre autorité". Dans celle-ci, il demandait publiquement - chose rare pour un chef d'état-major - davantage de moyens à l'armée française. C'est le message qu'Emmanuel Macron a cherché jeudi soir à faire passer à des militaires dépités en affirmant qu'en 2018, "nous entamerons la remontée des crédits". "Il était légitime, il était faisable sans attenter en rien à la sécurité de nos troupes, à nos commandes militaires et à la situation telle qu'elle est aujourd'hui", a-t-il dit.

"Et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire", a-t-il ajouté.

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