Vers une majorité écrasante pour La République en Marche — Législatives

19 Juin, 2017, 15:34 | Auteur: Hugues Grosjean
  • Second tour des législatives: la République en Marche vers une majorité sans partage

Ceux de l'outremer - Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélémy - votent dès ce samedi, avant la métropole dimanche.

Après le succès de REM dimanche dernier, le chef de l'Etat attend "une confirmation" qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail.

Son jeune mouvement, allié aux centristes du MoDem, pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577, selon les projections des instituts de sondage.

Seuls 222 députés sortants étaient qualifiés pour le deuxième tour et 224 autres sortants ne se représentaient pas, plus du double qu'en 2012.

Ce scrutin devrait être marqué par une nouvelle poussée de l'abstention au terme d'une longue séquence électorale, entamée dès l'automne avec la primaire de la droite, qui aura vu la déroute des partis traditionnels et un bouleversement quasiment sans précédent du paysage politique.

Le 11 juin, celle-ci avait déjà atteint un niveau record depuis 1958, à 51,29%, signe d'une démobilisation des électeurs face à la victoire annoncée de La République en Marche et d'un désintérêt vis-à-vis de la politique.

Elle pourrait grimper jusqu'à 53% à 54% dimanche, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

De quoi laisser plusieurs mois à Emmanuel Macron et son premier ministre Edouard Philippe pour passer aux choses sérieuses. "Personne ne peut se satisfaire d'une abstention. En France, le vote n'est pas obligatoire (.), c'est à la fois un droit et un devoir".

Non investi par le PS, mais non concurrencé par la REM, Manuel Valls a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani.

Pour le président de l'assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, la vague nationaliste "va avoir par son ampleur des conséquences au-delà de la mer".

Emmanuel Macron obtient la majorité. mais après une élection marquée par une très forte abstention.

Selon un sondage Elabe diffusé jeudi, six Français sur dix (61%) souhaitent en effet que le second tour "rectifie le premier avec une majorité moins importante qu'attendue".

Loin derrière, les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies devraient enregistrer de sérieux revers, avec l'effondrement du Parti socialiste et Les Républicains en grandes difficultés.

Avec 21,56% des voix au premier tour, LR allié à l'UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 132 sièges, contre plus de 200 dans l'Assemblée sortante.

De nombreuses personnalités ont voté dans la matinée, notamment le président Macron, au Touquet (Pas-de-Calais), le Premier ministre Édouard Philippe (Le Havre), les ministres Richard Ferrand (Motreff) et Bruno Le Maire (Évreux), la présidente du Front national Marine Le Pen (Hénin-Beaumont) ou l'ancien président PS François Hollande (Tulle).

S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire de 15 députés.

Le FN (13,3% le 11 juin) n'est crédité que de 1 à 5 sièges.

Sont en revanche battus: les anciens ministres Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

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