Vers une large majorité pour le parti de Macron — Législatives en France

20 Juin, 2017, 17:52 | Auteur: Valentin Naude
  • Vers une déferlante en faveur de Macron aux législatives françaises

Effet d'essoufflement un mois après l'élection présidentielle, victoire annoncée du mouvement La République en Marche du président Emmanuel Macron: si ces chiffres étaient confirmés, l'abstention de ce premier tour serait la plus élevée depuis 1958, lors des premières élections législatives de la Vè République. Les Français n'ont pas voté massivement pour les candidats de La République en Marche. Le PS et son allié PRG obtiendraient entre 9 et 10,2% et sont légèrement devancés en voix par La France insoumise (11%) de Jean-Luc Mélenchon. Dimanche 18 juin, à l'issue du second tour, plus de 60 % des sièges de députés seront confiés à de nouveaux élus, de nombreux sortants, à gauche comme à droite, étant, d'ores et déjà éliminés ou en très mauvaise posture avant le deuxième tour du scrutin. Elle sera suivie du parti Les Républicains et ses alliés avec 80 à 100 sièges et du Parti socialiste et ses alliés (30 à 40 sièges).

La droite, qui espérait priver Emmanuel Macron de majorité, terminerait avec 70 à 130 élus Les Républicains (LR) et UDI.

Édouard Philippe, qui espère une solide majorité pour appuyer son gouvernement, est pourtant resté prudent jusqu'au dernier jour de campagne: "Ce n'est jamais acquis", a-t-il dit vendredi. Avec un score de 13 à 14 %, très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,30 %). Pour le parti d'extrême droite, c'est "une déception ", a reconnu son vice-président, Florian Philippot: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Mme Le Pen, arrivée "largement en tête" dans le Pas-de-Calais, a elle centré sa riposte sur le "taux d'abstention catastrophique" qui "pose la question du mode de scrutin" majoritaire. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon aurait 10 à 20 sièges.

Le taux de participation des Français aux dernières élections législatives de 2012, qui avaient consacré le triomphe de la gauche, notamment le Parti socialiste, était de 57,22%, rappelle-t-on.

Le parti macroniste est en passe d'obtenir l'une des plus larges majorités de la Ve République, sans effacer le record de l'UDF-RPR en 1993 (484 sièges). En revanche, il peut espérer battre le record de sièges pour un seul parti, atteint par l'UMP en 2002 (365 sièges).

Le pari est presque remporté pour les membres du nouveau gouvernement dont le poste dépendait de leur élection: Richard Ferrand dans le Finistère, Bruno Le Maire dans l'Eure, Christophe Castaner dans les Alpes-de-Haute-Provence ainsi que Mounir Mahjoubi et Marielle de Sarnez à Paris sont tous en ballotage favorable. "En conséquence, le second tour de dimanche prochain sera celui de l'amplification ou du pluralisme", a souligné M. Cambadélis, lui-même candidat à Paris. En tout, selon le quotidien Le Monde, au moins 95 députés socialistes sortants ne seront pas du second tour.

Fort d'une probable solide majorité à l'Assemblée, Emmanuel Macron aura les mains libres pour appliquer son programme de réformes sociales-libérales: moralisation d'une vie politique minée par les affaires, assouplissement du droit du travail - au risque de s'attirer les foudres des syndicats - ou encore réduction des déficits publics, pour se conformer aux règles européennes.

Recommande: