Mise en examen pour "séquestration" requise pour Marcel Jacob — Affaire Grégory

17 Juin, 2017, 21:09 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Le 20 octobre 1984 à Lepanges-sur-Vologne Christine et Jean Marie

Le petit Grégory, âgé de 4 ans, avait été retrouvé mort dans un cours d'eau dans les Vosges en 1984. Son grand-oncle et sa grand-tante sont sous les verrous pour enlèvement suivi de mort mais la justice ne désigne pas pour autant l'assassin de l'enfant.

"Les deux mis en examen ont nié en l'état tout participation aux faits qui leur sont reprochés", a-t-il ajouté, précisant que les deux époux avaient été placés en incarcération provisoire dans deux établissements séparés "dans le souci d'empêcher une concertation frauduleuse et toute forme de pression entre les divers protagonistes".

Le procureur général Jean-Jacques Bosc est affirmatif: "à l'évidence, Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort" et les personnes qui ont participé à cette séquestration "sont les auteurs du crime".

Rebondissements en chaîne ces derniers jours dans l'affaire de la mort de Grégory Villemin, 32 ans après les faits.

Me Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, s'étonne: "en vingt ans d'exercice professionnel, je n'ai jamais vu ça de ma vie".

11h30: A ses débuts, l'enquête a d'abord soupçonné Bernard Laroche, finalement remis en liberté le 4 février 1985 mais convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'a tué d'un coup de fusil de chasse.

Et c'est le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

L'avocat de Jacqueline Jacob, Me Gary Lagardette, a contesté lui aussi la mise en examen de sa cliente. Si l'auteur n'est pas formellement connu, la justice a constaté "une similitude importante des termes" utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983, attribuée à Jacqueline Jacob.

La mère, Monique Villemin, 85 ans, a reconnu avoir écrit une lettre de menace adressée en 1989 au magistrat instructeur de l'époque, mais a nié l'avoir envoyée. Grâce à lui, les analystes criminels ont pu porter "un regard neuf sur la procédure" en reconstituant la chronologie avant et après le crime et en pointant des incohérences. Mais "ce que je peux dire, c'est que nous avons avancé significativement".

La peur de représailles, les pressions ont pesé sur cette affaire et amené des témoins à mentir, a souligné vendredi le procureur général en annonçant de nouvelles auditions très rapidement.

"On ne sait pas comment est mort Grégory et on met en examen", s'est-il exclamé. Ils auraient peut-être participé.

Les enquêteurs sont "sur le chemin de la vérité" affirmait jeudi le procureur général auprès de la cour d'appel de Dijon lors d'une conférence de presse. Tout a commencé en 1981, au moment où le père du petit garçon, Jean-Marie Villemin venait d'obtenir une promotion en tant que contremaître dans une usine automobile.

Valérie Jacob, qui ne s'entend plus avec ses parents depuis plusieurs années, se dit profondément "choquée" par leur mise en examen.

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