Majorité très nette pour Macron, mais moins écrasante qu'attendu — Législatives

20 Juin, 2017, 09:57 | Auteur: Valentin Naude

L'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI obtiendrait entre 126 et 131 sièges, dont une centaine de LR, au-dessus de la fourchette espérée à droite après le premier tour. A gauche, le PS dispose désormais de 29 sièges, La France insoumise de 17, les divers gauche de 11, le PCF de 10 et le PRG de 3. Son lieutenant Alexis Corbière et le journaliste François Ruffin entreront également à l'Assemblée.

Défaite par Emmanuel Macron, la cheffe du Front national Marine Le Pen est donnée favorite dans son fief nordiste d'Hénin-Beaumont, mais elle pourrait se retrouver quasiment la seule élue d'extrême droite. Ils y rejoignent Gilbert Collard, réélu dans le Gard. S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire de 15 députés. Le Parti socialiste (54 ans), le Parti communiste (54 ans et demi) et l'UDI (56 ans et demi) ont les moyennes d'âge les plus élevées. Protégés par la REM, les anciens ministres Stéphane Le Foll et Sylvia Pinel ou encore le député LR Thierry Solère gardent leurs sièges.

Sont en revanche battus: les anciens ministres Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas et Najat Vallaud-Belkacem.

Les grandes manoeuvres se poursuivront cette semaine: bureau national mardi et conseil national samedi pour le PS; bureau national pour Les Républicains mercredi, après l'élection de leur président de groupe et bureau politique du FN mardi.

"La gauche de gouvernement (.) est à reconstruire", a déclaré l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Au lendemain de ces législatives, Edouard Philippe devrait, comme le veut la tradition, remettre la démission de gouvernement pour être aussitôt chargé d'en former un nouveau avec a priori peu de changements.

Les six ministres candidats ont été élus (Christophe Castaner, Richard Ferrand malgré les affaires judiciaires, Bruno Le Maire, Annick Girardin, Mounir Mahjoubi et Marielle de Sarnez). Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat, actuellement à droite. Si son approbation ne fait aucun doute, le vote des groupes minoritaires sera scruté de près et pourrait ajouter à la majorité, déjà très nette, de nouvelles voix supplémentaires.

Avec seulement 222 députés sortants au second tour, et 40% de candidates, c'est une Assemblée nationale profondément renouvelée et féminisée qui sortira des urnes.

Pour Yves-Marie Cann, cette abstention sans précédent devra inciter le camp des gagnants à la modestie, malgré la majorité écrasante dans la nouvelle Assemblée qui se profile pour la République en marche et qui donnera au chef de l'Etat les outils pour mener sa politique, à commencer les ordonnances controversées réformant le code du travail.

Les nouveaux parlementaires, dont un nombre record de femmes (avec une quarantaine de résultats manquants, elles étaient déjà 205 élues contre 155 dans l'Assemblée sortante), commenceront à arriver mardi au Palais-Bourbon.

La semaine sera aussi dominée par les tractations sur les répartitions des postes clés de l'Assemblée en vue de la séance inaugurale du 27 juin où sera élu le successeur de Claude Bartolone. En attendant, l'imposant groupe macroniste sera réuni en séminaire le week-end prochain à la présidence de l'Assemblée nationale. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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