Majorité absolue pour La République en Marche — Législatives françaises

20 Juin, 2017, 11:05 | Auteur: Valentin Naude

Emmanuel Macron a obtenu, ce dimanche, une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République à l'occasion du second tour des élections législatives.

Selon les estimations disponibles dans la soirée, la République en marche (LREM) et ses alliés centristes du MoDem obtiendraient de 355 à 360 sièges des 577 fauteuils que compte l'Assemblée nationale, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges. Le groupe de La République en marche aura la majorité absolue à l'Assemblée, sans même compter les députés Modem.

L'abstention, elle, bat un nouveau record pour des élections législatives, avec près de 57%. Un record aggravé par rapport au premier tour (51,30%).

A droite, les Républicains ont remporté 113 sièges, l'UDI 16 et les divers droite 6.

Le chef de file des Républicains François Baroin s'est toutefois félicité que le nombre de députés soit "suffisamment important pour faire valoir les convictions" de la droite. Très loin des 284 sièges socialistes de l'Assemblée sortante, mais là aussi moins catastrophique que redouté. "La défaite de la gauche est incontournable, la déroute du Parti socialiste, sans appel", a reconnu le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis, en annonçant sa démission.

Non investi par le PS, mais non concurrencé par la REM, Manuel Valls a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani. Elues essentiellement grâce à la victoire de leur champion à la présidentielle, ses troupes, pour la plupart novices en matière de discussion parlementaire, ne devraient pas lui compliquer la tâche, beaucoup s'étant engagé par écrit à respecter la discipline de vote du groupe majoritaire. S'il triple le nombre de ses députés, il échoue à constituer un groupe parlementaire, ce que laissait déjà entrevoir ses scores du premier tour.

Ce scrutin est également marqué par une première en Corse: l'élection de trois députés nationalistes, Michel Catellani, Jean-Félix Acquaviva et Paul-André Colombani. Alors que quinze anciens ministres avaient été battus dès le premier tour, cinq l'ont été au second: Axelle Lemaire, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Marisol Touraine.

Le gouvernement parvient, par ailleurs, à sauver les six ministres qui avaient mis leur maroquin aux voix.

Emmanuel Macron a donc les mains totalement libres pour appliquer son programme. Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat, actuellement à droite. On veut croire, par exemple, que les deux ministres élus députés, Richard Ferrand et Marielle de Sarnez, sauront quitter leurs fonctions si, au terme des enquêtes qui les concernent, ils sont mis en examen.

La majorité octroyée à LRM aura une mission: "agir pour la France", a annoncé dimanche soir le Premier ministre Edouard Philippe, estimant que par leur vote les Français ont, dans leur grande majorité, préféré "l'espoir à la colère, l'optimisme au pessimisme, la confiance au repli".

Parmi les gagnants LR figurent notamment ceux qui n'avaient pas de candidats En Marche face à eux, les "constructifs" Thierry Solère, Franck Riester ou Pierre-Yves Bournazel, et d'autres qui affrontaient un représentant du parti présidentiel: Christian Jacob, Eric Ciotti, Michèle Tabarot, Guillaume Peltier, Julien Aubert ou encore Isabelle Valentin, dont le suppléant est Laurent Wauquiez.

L'opposition n'est pas en état de jouer un grand rôle à l'Assemblée nationale à l'issue des élections législatives. La question de savoir combien des 222 députés sortants ont été reconduits dans ce second tour a son importance car elle permettra de situer la dimension exacte du renouvellement d'une Assemblée dont on sait déjà qu'elle sera fortement féminisée puisque 40% de candidates ont le vent en poupe pour émerger dans les urnes. Au total, 223 femmes ont été élues, un record. Parmi les maires qui se présentaient, 125 ont été élus (lire article ci-dessous). Sans une professionnalisation rapide de tous ces nouveaux élus, cette majorité risque fort de se voir longtemps accolée l'étiquette "godillotte".

Recommande: