L'ex-patron du FBI charge Donald Trump et son administration — États-Unis

18 Juin, 2017, 22:24 | Auteur: Valentin Naude
  • James Comey lors d'une audition devant le Sénat le 3 mai 2017 à Washington

"Le but était de modifier la façon dont l'enquête sur la Russie était conduite".

"L'avocat recruté par l'ancien promoteur immobilier Marc Kasowitz avait démenti que son client ait jamais demandé ou suggéré à l'ancien directeur du FBI de mettre fin à une quelconque enquête".

Le récit de M. Comey a été publié sous la forme d'un texte liminaire de sept pages que celui-ci prévoit de lire lors de son audition très attendue devant la commission du Renseignement du Sénat jeudi à 16h00 (en Suisse).

M. Comey a fait ces commentaires devant une salle d'audience bondée, paralysant Washington et une portion du pays quand les yeux se sont tournés vers les écrans de télévision. Décision à laquelle le département de la Justice s'est finalement résolu le 17 mai en nommant Robert Mueller, un ex-chef du FBI.

Il a immédiatement plongé au coeur de la controverse politique suscitée par son congédiement, notamment quant à savoir si M. Trump a interféré avec l'enquête du FBI sur une possible ingérence de la Russie. On découvrait alors que le président américain lui aurait demandé de "laisser tomber " l'enquête visant son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, soupçonné de liens avec la Russie. "Mon bon sens me disait qu'il voulait quelque chose en échange de satisfaire ma demande de rester à mon poste", a-t-il dit, alors que son mandat courait jusqu'en 2023. 'Il est le président des Etats-Unis, seul avec moi, il dit qu'il espère ceci, je l'ai interprété comme une demande de sa part'. Après sa prestation de serment, il m'a dit que j'étais un excellent chef du FBI et qu'il souhaitait que je reste. Il a accusé l'administration Trump de diffamation et de "mensonges".

"Je craignais honnêtement qu'il ne mente sur la nature de notre réunion", a-t-il expliqué devant les sénateurs.

La première réaction de la Maison Blanche est sibylline: " le président n'est pas un menteur ".

L'existence de ces notes, et leur contenu, avaient filtré dans la presse depuis plusieurs semaines.

James Comey a aussi reconnu avoir organisé lui-même des fuites dans la presse, en appelant un de ses amis pour diffuser des informations sur ses mémos, car il pensait que " cela pousserait à la nomination d'un procureur spécial " indépendant. C'est un homme bien', aurait ainsi plaidé Donald Trump le 14 février. Les sénateurs républicains ont cependant vu une contradiction dans son témoignage. Pourquoi n'a-t-il pas démissionné? Il a affirmé n'avoir aucun doute sur l'ingérence russe dans l'élection américaine. C'est aussi une "pente glissante", selon lui, car pour qui le FBI devrait-il faire une exception à sa règle de mutisme? Cependant, il a précisé que ses paroles ont bien été ressenties "comme une instruction".

"Les Américains ont besoin d'entendre votre version de l'histoire", a déclaré en ouverture le président républicain de la commission, Richard Burr. "Nous vous remercions pour votre professionnalisme". " L'ancien haut fonctionnaire, très clairement, n'a jamais fait confiance au président Trump".

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