Les trois gardes à vue prolongées — Affaire Grégory

15 Juin, 2017, 23:43 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Les scellés contenant des vêtements et des chaussures du petit Grégory Villemin

Au lendemain de l'interpellation de cinq personnes dans le cercle de la famille Villemin, dont trois étaient toujours en garde à vue jeudi, le procureur général de Dijon s'exprimait sur l'affaire Grégory dans l'après-midi lors d'une conférence de presse.

Au cours des investigations, les enquêteurs se sont notamment penchés sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre en invoquant une "vengeance", en particulier dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps.

Jean-Jacques Bosc a encore précisé que, selon des témoignages, des 'repérages' des lieux de l'enlèvement du petit garçon avaient été effectués dans les jours précédents, par 'un homme portant moustache', parfois accompagné d'une femme. Mais la vérité commence à se faire jour et elle est terrible: ce n'est pas une, mais " plusieurs personnes", comme l'a dit le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, qui seraient impliquées. Selon les informations de l'Agence France Presse, il s'agit de l'oncle de Jean-Marie Villemin (le père du petit Grégory), Marcel Jacob, de sa femme Jacqueline Jacob, et d'une belle-sœur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin.

Les enquêteurs seraient sur la piste d'un complot "visant à punir Christine et Jean-Marie Villemin, les parents de Grégory, en raison de leur réussite sociale", croit savoir le quotidien.

Qui a tué le petit Grégory?

"Sur le fond, il n'y a pas d'éléments nouveaux", souligne-t-on de source proche de l'enquête mais le logiciel d'analyse criminelle Anacrim, conçu et utilisé par la gendarmerie, a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure". Monique Villemin, la grand-mère de Grégory, a été entendue en audition libre car son état de santé ne permettait pas la garde à vue.

Marcel Jacob a déjà été soupçonné d'avoir endossé le rôle du "corbeau", d'autant que l'incertitude planait sur son emploi du temps au moment du meurtre, mais il n'avait jamais été inquiété judiciairement jusque-là.

M. Bosc a aussi révélé que de nouvelles expertises d'une lettre manuscrite anonyme de 1983 adressée à Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, orientaient les soupçons sur Jacqueline Jacob, la tante de Jean-Marie Villemin. "Les conclusions de cette expertise sont confondantes à l'encontre de Mme Jacqueline Turiot, épouse Jacob", a-t-il affirmé.

"32 ans après, il faut des choses béton", a estimé, au micro de RTL, Me Gérard Welzer, l'avocat de Marie-Ange Laroche, veuve de Bernard Laroche, appelant à la prudence.

Une nouvelle qui a bouleversé Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, surpris d'entendre près de 33 ans après les faits le nom de sa propre mère apparaître dans l'enquête.

Le dossier, qui comporte 12.000 pièces, a été rouvert en 1999, puis en 2008, pour tenter de trouver d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés.

"Outre les 400 personnes prélevées, une centaine de témoins ont été interrogés, certains pour la première fois".

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