Les effets néfastes pour les plus de 75 ans — Aspirine

16 Juin, 2017, 12:36 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Attention à la prise quotidienne d'aspirine chez les plus âgés

L'aspirine n'est pas seulement un médicament utilisé en automédication pour faire baisser la fièvre ou diminuer les douleurs. "Des études antérieures ont montré les avantages évidents du traitement antiplaquettaire à court terme suite à une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral". Mais prendre de l'aspirine au long cours n'est pas sans risque. C'est en tout cas les conclusions d'une équipe de chercheurs de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni) qui vient d'être publié dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet. En cause: un risque significativement plus élevé d'hémorragie.

Entre 40 et 60% des plus de 75 ans aux Etats-Unis et en Europe prennent quotidiennement de l'aspirine ou d'autres médicaments destinés à fluidifier le sang, relève l'étude. C'est ce qu'on appelle dans le jargon médical, la prévention secondaire. Selon ces travaux, il faudrait limiter la prise d'aspirine à partir d'un certain âge, malgré ses bienfaits après un AVC ou un infarctus du myocarde.

Le risque que ces hémorragies soient handicapantes voire fatales augmente de la même manière. "Mais notre nouvelle étude nous permet de mieux comprendre la taille du risque et la gravité et des conséquences des saignements", a expliqué Peter Rothwell, professeur de l'Université d'Oxford et auteur principal.

Mais si la prise quotidienne d'aspirine peut être protectrice chez les adultes, elle pourrait en revanche être dangereuse chez les Seniors de plus de 75 ans en augmentant le risque d'hémorragie intestinale. Une discussion doit s'engager entre les patients et leurs médecins.

La moitié des patients étaient âgés de 75 ans et plus au début de l'étude. Au cours des 10 ans de l'étude, un total de 314 patients ont été admis à l'hôpital pour les saignements. Par ailleurs, le risque d'hémorragie d'issue fatale est de 0,5 % par an chez les patients de moins de 65 ans, 1,5 % chez les patients de 75 à 84 ans et de près de 2,5 % chez les 85 ans et plus. Pour les patients de 75 à 84 ans, le taux annuel est passé à environ 3,5% et à 5% chez les participants de plus de 85 ans. Enfin, la proportion de survivants pour lesquels un saignement important a entraîné une invalidité est passée de 3% pour les personnes de moins de 75 ans, à 25% chez les personnes de plus de 75 ans.

Bien que le risque de maladies cardiaques augmente avec l'âge, ces résultats ont mené les chercheurs à estimer que les saignements gastro-intestinaux causés par un traitement antiplaquettaire étaient au moins aussi susceptibles d'être invalidants ou mortels pour les plus de 75 ans qu'un infarctus cérébral récurrent, si un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) n'était pas co-prescrit. "Bien qu'il existe des preuves que les IPP pourraient avoir de petits risques à long terme, cette étude montre que sans eux, le risque de saignement à un âge avancé est élevé et les conséquences sont importantes".

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