Le bisphénol A reconnu officiellement perturbateur endocrinien

16 Juin, 2017, 18:55 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Le bisphénol A reconnu comme extrêmement préoccupant par l’Europe

L'inscription du bisphénol A sur la liste de l'ECHA des substances extrêmement préoccupantes "ouvre également la possibilité que le BPA soit soumis à autorisation en tant que substance, conditionnant ses usages à l'octroi d'une autorisation temporaire et renouvelable". A cette question, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) répond que cette substance à un rôle de "perturbateur endocrinien".

Une victoire pour les associations qui alertent et sensibilisent sur les dangers des perturbateurs endocriniens. L'Agence européenne des produits chimiques (European Chemicals Agency, ECHA) a enfin reconnu les propriétés de perturbation endocrinienne du tant décrié bisphénol A, substance chimique de synthèse utilisée depuis plus de 50 ans dans l'industrie du plastique.

Aussi, depuis février, l'agence française Anses avait demandé une réévaluation des risques.

Vendredi 16 juin, l'ECHA a ainsi annoncé le classement de cette molécule comme telle, en raison d'effets sanitaires sérieux tels que le développement de tumeurs mammaires, l'altération des fonctions cognitives et du métabolisme.

Cette décision "aura pour conséquence directe une obligation pour l'industrie de notifier à l'ECHA la présence de la substance dans les articles fabriqués ou importés et d'informer l'acquéreur d'un article, suite à sa demande, de la présence de BPA " déclare l'Anses. En février puis en mai dernier, la Commission européenne a renoncé à définir ce terme.

L'ECHA reconnaît désormais qu'elle a aussi des caractéristiques des perturbateurs endocriniens (PE), ces substances nocives pour le fonctionnement hormonal que l'on retrouve dans de nombreux produits de la vie courante (jouets, peintures, cosmétiques, contenants alimentaires, etc.).

Se félicitant de cette avancée décisive, Alice Bernard, juriste à l'association ClientEarth (accréditée par l'ECHA pour assister aux réunions du comité des Etats membres), estime toutefois auprès du JDLE que "cette décision ne suffit pas à contrôler le produit".

Coup dur pour les industries du plastique.

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