La ministre de la Santé veut rendre obligatoire 11 vaccins infantiles

16 Juin, 2017, 09:21 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Agnès Buzyn est aussi favorable à une forte hausse du prix des cigarettes

Elle évoque l'exemple de la rougeole, qui réapparaît en France.

"Nous réfléchissons à rendre obligatoire, pour une durée limitée, les onze vaccins destinés aux enfants".

Aujourd'hui, seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires: diphtérie, tétanos et poliomyélite. "Dix sont décédés depuis 2008", s'inquiète cette professeure en hématologie qui déplore que le vaccin soit recommandé et non obligatoire.

Aux yeux de la ministre, la mise en place d'une obligation " pour une durée limitée " - " qui pourrait être de cinq à dix ans " - permettrait de prévenir certaines épidémies. Et de se justifier: "Il y a des fois où l'obligation est une bonne chose pour permettre à la société d'évoluer".

Jacques Bessin, président de l'Union nationale des associations citoyennes de santé, interrogé lui aussi par Le Parisien, avance un autre argument pour s'opposer à cette idée. Selon lui, " les vaccins ont des effets secondaires neurologiques, musculaires mal mesurés et parfois irréversibles ".

Face à cette hostilité, la ministre répond qu'il "faut faire oeuvre de pédagogie".

Face aux critiques estimant que cette décision ferait la part belle aux laboratoires pharmaceutiques, Agnès Buzyn "refuse qu'on (lui) colle cette étiquette".

L'ex-ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine avait appelé Agnès Buzyn à reprendre son texte de loi étendant "l'obligation vaccinale à 11 vaccins", lors de leur passation de pouvoirs au ministère à Paris. "La vaccination ce n'est pas seulement l'intérêt qu'on y trouve soi-même, c'est un enjeu de solidarité, une façon de protéger l'ensemble de la société", a-t-elle dit.

"Je suis convaincue que c'est cela qui doit être engagé, maintenant la responsabilité est la vôtre", lui avait-elle lancé.

Agnès Buzyn évoque également d'autres sujets parmi lesquels le tabagisme, se prononçant "pas contre une hausse" du prix du paquet de cigarettes à 10 €, ou encore ce qu'elle considère comme sa "grande priorité": la lutte contre les déserts médicaux. " Il faut une prise de conscience surtout chez les jeunes et les femmes ", argue-t-elle.

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