La livre Sterling dévisse, mais les marchés résistent — Elections britanniques

19 Juin, 2017, 14:47 | Auteur: Valentin Naude
  • Ben STANSALL  AFP

La Première ministre Theresa May a annoncé vendredi la formation d'un nouveau gouvernement qui "mènera à bien le Brexit", bien que son parti conservateur ait perdu la majorité absolue à l'issue des législatives de jeudi.

Au Royaume-Uni, les conservateurs sont en tête du scrutin des élections législatives, mais ont perdu une quinzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une petite trentaine, selon les résultats quasi définitifs parus le matin du 8 juin.

Malgré des appels à la démission, Theresa May dit qu'il formera un nouveau gouvernement.

En outre, au sein même des Tories, l'ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission.

Si Theresa May a remporté sa circonscription de Maidenhead - à l'ouest de Londres - son sort en tant que Première ministre est aujourd'hui plus discuté que jamais.

"Il semble qu'il va y avoir de l'instabilité et qu'il sera plus difficile pour le gouvernement britannique de négocier le Brexit avec une position ferme", relève Tony Travers, de la London School of Economics (LSE). Dans les deux cas, les négociations pourraient retarder le calendrier du Brexit.

Mike Finn, de l'université de Warwick, estime, lui, que le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections". Résultat: "toute l'approche du Brexit est remise en question".

À gauche, les nationalistes écossais du SNP essuient également des pertes à 34 sièges, contre 54 précédemment, selon les projections. Leur numéro 2, Angus Robertson, ainsi que leur ancien leader, Alex Salmond, sont battus.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument et ouvertement europhile, gagneraient six sièges à 14 mandats.

La publication de ces premiers chiffres a entrainé une chute de la livre sterling jeudi soir.

Ceci dit, c'est évidemment, à rebours, l'extraordinaire campagne de Jeremy Corbyn, systématiquement présenté depuis son élection à la tête du Labour en septembre 2015 comme n'ayant absolument aucune chance de mener le Labour à la victoire, qui joue dans ce séisme électoral.

La défaite de Theresa May menace également de troubler les négociations sur le Brexit. Jeremy Corbyn, pourtant volontiers caricaturé pour ses positions pacifistes et très à gauche, a promis de "mettre des policiers dans la rue" et de revenir sur les suppressions de postes décidées par les conservateurs. Car elle s'est placée elle-même dans une seringue: "Si elle se montre trop laxiste, elle perdra le soutien des durs de son parti. C'est ce que le peuple a voulu l'an dernier, c'est ce que nous ferons", a-t-elle affirmé.

"On ne veut pas que ces attaques influencent ce qu'on pense", a assuré Javed, 23 ans, dans un bureau de vote de Barking (est de Londres), d'où provenaient des auteurs de l'attentat de samedi.

Militant de longue date, il s'est retrouvé comme un poisson dans l'eau dans les meetings à travers le pays, se montrant proche des gens et de leurs préoccupations, cherchant le contact, tout le contraire de la campagne de Theresa May.

Mais M. Corbyn a mené une campagne dynamique, multipliant les meetings au contact des électeurs et exploitant plusieurs faux pas de Mme May, notamment sur la protection sociale.

Le plus radical est pour l'heure le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, pour qui un gouvernement britannique faible risque de conduire à des négociations sur le Brexit qui seront "mauvaises " pour les deux parties.

Recommande: