Législatives: nette majorité pour Macron, mais moins qu'attendu

20 Juin, 2017, 04:25 | Auteur: Valentin Naude
  • Les femmes représentent désormais 38,65% des élus du Palais-Bourbon

Sur les 350 sièges de la majorité présidentielle, le MoDem de François Bayrou en obtient 42 et devrait donc former un groupe indépendant. Ce score reste cependant nettement en deçà de la barre des 400 évoqué à l'issue du premier tour, le 11 juin.

On attendait un "raz de marée " en France pour la République en Marche au second tour des législatives...il y a bien eu déferlante mais moins importante qu'annoncée. Ils sont en effet plus de 56 % à avoir boudé les urnes.

Les électeurs ont confirmé le vote du premier tour, mais sans l'amplifier. Ces indicateurs traduisent les profondes divisions de la société française. Ces nouveaux députés vont devoir s'activer en coulisses pour apprendre et comprendre les arcanes du travail parlementaire et être à la hauteur face à des membres de l'opposition rompus au débat et avides d'en découdre avec Emmanuel Macron à travers les députés de sa majorité.

Ce scrutin est également marqué par une première en Corse: l'élection de trois députés nationalistes.

La droite (LR, UDI et divers droite) obtient 137 sièges. Son chef de file, François Baroin, a salué un groupe "suffisamment important pour faire valoir les convictions " de la droite à l'Assemblée. Le Parti radical de gauche en compte quant à lui 3 (dont Annick Girardin, la vice-présidente du parti, actuelle ministre des Outre-mer et ancienne ministre dans le précédent quinquennat).

Le Parti socialiste, les radicaux de gauche et divers gauche totalisent 47 sièges (29 pour le PS). Le numéro 2 de son parti, Florian Philippot, est en revanche battu. En conséquence, le nombre de triangulaires ce dimanche est faible (une seule) et peu de candidats ont été élus au premier tour: 4 (Sylvain Maillard (REM) à Paris, Paul Molac (REM) dans le Morbihan, Napole Polutélé (DVG) à Wallis-et-Futuna, et Stéphane Demilly (UDI) dans la Somme), contre 36 en 2012 et 110 en 2007. Elles étaient 155 sous la précédente législature. Quant au Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, il ne pourra sans doute compter que sur quelques dizaines d'élus. La décision du mouvement d'Emmanuel Macron, La République en Marche (REM), d'investir un grand nombre de candidats issus de la "société civile" et la nouvelle loi sur le non-cumul des mandats, ont largement contribué à ce renouvellement inédit des députés.

Avec une majorité absolue à l'Assemblée nationale, le nouveau président français, Emmanuel Macron, devrait avoir le champ libre pour mettre en œuvre son programme de réformes sans avoir à trop faire de concessions aux partis d'opposition, estime un expert. Si le premier, avec 17 députés élus, va pouvoir constituer un groupe parlementaire, la seconde avec seulement 8 députés, ne pourra pas avoir son propre groupe. "Moi je n'y crois pas". À peine élu dimanche, le candidat d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, réclamait déjà un référendum sur ladite réforme. Concrètement, cela veut dire que la nouvelle majorité LREM-MoDem dispose de chances raisonnables de faire passer d'éventuelles révisions constitutionnelles, puisqu'il lui faudra de toute façon un vote à la majorité absolue au Sénat.

Les grandes manoeuvres se poursuivront cette semaine: bureau national mardi et conseil national samedi pour le PS; bureau national pour Les Républicains mercredi, après l'élection de leur président de groupe - l'actuel, Christian Jacob, a été réélu dimanche - et bureau politique du FN mardi.

Le Premier ministre français Édouard Philippe devrait remettre incessamment la démission de son gouvernement, une formalité classique après un scrutin législatif.

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