Législatives : le raz de marée de la République en marche

19 Juin, 2017, 09:27 | Auteur: Ingrid Allaire
  • Un total de 7.877 candidats âgés de 48 ans et demi en moyenne s'affrontent pour les élections législatives des 11 et 18 juin dont 42,4% de femmesPlus

Son parti, la République en Marche est arrivé largement en tête à l'issue du premier tour des législatives dimanche.

A gauche encore, La France insoumise (11%) confirme (de peu) son leadership sur le Parti socialiste, mais réalise un score bien plus faible que celui enregistré par Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle (19,58%), à l'instar de Marine Le Pen. Les listes écologistes ont recueilli 4,30% des suffrages. Le précédent record d'abstention datait de 2012, avec 42,78%. Cela veut dire également que Macron va gouverner sans partage, un scénario redouté par la classe politique qui aurait voulu une Assemblée pluraliste, donc un rapport de force équilibré qui "renforcerait la démocratie".

Un mois après son score record au second tour de la présidentielle, le Front national obtiendrait seulement un à dix sièges à l'Assemblée, contre deux lors de la précédente législature, avec un score de 13 à 14 % des voix. La France insoumise et le Front national réclament ainsi la mise en place d'une "proportionnelle intégrale" alors que, pendant la campagne, Emmanuel Macron avait promis l'instauration d'une "dose de proportionnelle" pour élire les députés, sans plus de précisions. "Malgré l'abstention, le message des Français est sans ambiguïté: pour la troisième fois consécutive, vous avez été des millions à confirmer votre attachement au projet de renouvellement, de rassemblement et de reconquête du président de la République", a-t-il déclaré. "Le triomphe du parti au pouvoir au premier tour des élections législatives, malgré un taux record d'abstention, est présenté dans des médias comme une victoire largement méritée pour cette France "fatiguée", tandis que le même résultat en Russie en 2016 a été qualifié de "dictature en forme de démocratie", écrit un journal russe".

"Au deuxième tour, ne donnez pas et ne permettez pas que soient donnés les pleins pouvoirs au parti du président", a pour sa part demandé Jean-Luc Mélenchon. Leur chef François Baroin a appelé au sursaut avant le second tour.

L'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui n'avait pas de concurrent En Marche, sort en revanche en tête dans la Sarthe (30,3%), devant le candidat LR. Pour le parti d'extrême droite, c'est "une déception ", a reconnu son vice-président, Florian Philippot: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Selon des résultats partiels, Bruno Le Maire (ministre de l'Économie), Richard Ferrand (ministre de la Cohésion des territoires) et Christophe Castaner (secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement) sont en ballottage favorable.

Le nouveau président français, Emmanuel Macron, est sur sa lancée pour remporter une impressionnante majorité parlementaire au sein de l'Assemblée nationale. "Ce soir, tout indique que la majorité absolue est d'ores et déjà acquise pour La République En Marche", a souligné M. Cambadélis, lui-même candidat à Paris. Mais à l'arrière-plan de cette victoire sans appel qui se dessine pour le camp Macron, le taux d'abstention jugé historiquement le plus bas de la Ve République en dit long sur le sentiment des français et françaises sur ces élections législatives et probablement sur les prochaines à venir.

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