Jeremy Corbyn : " Les électeurs ont dit qu'ils en avaient assez de l'austérité "

20 Juin, 2017, 10:21 | Auteur: Valentin Naude
  • Des travailleurs préparent leur bureau de vote au Royaume-Uni

Et "Le calendrier des négociations du Brexit est une question hautement sensible".

Jeremy Corbyn, leader des travaillistes largement réélu dans sa circonscription d'Islington, au nord de Londres, a immédiatement appelé Theresa May à la démission pour "laisser la place à un gouvernement vraiment représentatif".

Mme May, reconduite à Maidenhead (ouest), s'est contenté d'affirmer que "quels que soient les résultats", son parti "assurer (ait) la stabilité" dont "le pays a besoin".

En réaction, la livre sterling a chuté, se rapprochant de son plancher annuel face à l'euro, soit 1,13 pour une livre. L'Union européenne espérait bien se passer de ces graves turbulences. Mike Finn, de l'université de Warwick, cité par l'AFP, estime que le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections ". Toutefois, "je ne suis pas sûr qu'il faille lire les résultats de ce scrutin comme remettant en cause en quoi que ce soit la position exprimée souverainement par les Britanniques sur le Brexit", a-t-il ajouté. Il a également profité de l'opposition suscitée par une proposition de Theresa May sur le financement de la prise en charge de la dépendance, qui prévoyait que les personnes âgées elles-mêmes paient pour leurs soins, avec une prise en compte de leur patrimoine immobilier. Les Lib-Dem ont prévenu le 8 juin au soir qu'il n'y aurait "pas de coalition, pas d'accord" avec les autres partis.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagnent 4 sièges à 12 mandats. De son côté, le parti europhobe Ukip s'est effondré en perdant son unique siège.

A gauche, les indépendantistes écossais du SNP essuieraient de lourdes pertes, à 34 sièges contre 54 précédemment, selon les projections. Mais le parti unioniste "préfère éviter le scénario du + pas d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord +", évoqué par la dirigeante, explique Stephen Booth, politologue du cercle de réflexion Open Europe. Son adversaire a qualifié l'idée de "taxe sur la sénilité" et Theresa May a dû faire marche arrière.

"Déçue", la Première ministre de cette région Nicola Sturgeon a reconnu que la perspective d'un nouveau référendum sur l'indépendance, qu'elle appelait de ses voeux, avait pu handicaper son parti.

"Le grand pari de May échoue", résumait le quotidien conservateur Times dans un titre barrant sa une.

Theresa May avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses engagements de ne pas écourter la législature, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour.

Après les surprises du référendum sur la sortie de l'UE et de l'élection de Donald Trump, "c'est la leçon des deux dernières années", analyse Brian Klaas, de la London School of Economics.

Mais M. Corbyn a signé une campagne plus réussie qu'attendue par les politologues, multipliant les meetings au contact des électeurs, exploitant plusieurs faux-pas de Mme May, notamment sur la protection sociale.

Le plus radical est pour l'heure le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, pour qui un gouvernement britannique faible risque de conduire à des négociations sur le Brexit qui seront "mauvaises " pour les deux parties.

Et la sanglante série noire qui a frappé le pays, avec trois attaques jihadistes en moins de trois mois, a mis sur le tapis les coupes dans les effectifs policiers que cette conservatrice a pratiquées, au nom de l'austérité, lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur de 2010 à 2016.

" On ne veut pas que ces attaques influent sur ce qu'on pense", assurait Javed, 23 ans, dans un bureau de vote de Barking à l'est de Londres, d'où provenaient des auteurs de l'attentat de samedi".

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