Fragilisé, Bayrou présente sa loi de moralisation de la vie publique

15 Juin, 2017, 13:10 | Auteur: Christine Vaugrenard
  • Bayrou recadré par le Premier ministre pour avoir fait pression sur des journalistes

Pourtant, le dernier numéro du Palmipède affirme que la secrétaire personnelle de François Bayrou a eu un double contrat, au MoDem et au Parlement européen.

Le ministre de la justice avait appelé la semaine dernière un des directeurs de Radio France pour se plaindre des appels de ses journalistes à des collaboratrices de son parti, le MoDem. "Le président estime que c'est au chef du gouvernement de gérer le gouvernement", ajoute-t-on de même source.

Edouard Philippe a par ailleurs rappelé à tous les ministres la question de l'exemplarité, pas uniquement au titre des fonctions occupées, mais "parce que justement lorsque vous êtes ministres, vos actes, vos propos et votre façon de réagir, parfaitement humaine, ne sont jamais interprétés par vous-même et par les Français, comme simplement humains mais toujours dans le cadre de ces fonctions" a-il-précisé.

Et d'ajouter: "Il se trouve que, quand on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions ou sa mauvaise humeur, ou par son indignation". Il y aurait par ailleurs eu un discret changement de biographie sur Twitter: la mention "ministre de la Justice" a disparu, et a été remplacée par "maire de Pau".

"Il va y avoir un groupe (MoDem, ndlr) important, c'est la résurgence d'un mouvement très important dans l'histoire politique de la France", s'est rassuré François Bayrou mercredi.

"Le président de la République doit nous dire aujourd'hui si le Premier ministre a vraiment de l'autorité et il doit nous dire si on s'est trompé".

Après avoir été recadré par son Premier ministre suite à son coup de téléphone à Radio France, François Bayrou a répliqué ce mardi affirmant qu'à "chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire", il "le dira".

"Je suis un défenseur de la liberté de la presse, je l'ai été toute ma vie (...) Mais il y a aussi une autre liberté, dont les citoyens ressentent le besoin, celui de critique de la presse quand on a le sentiment de pratiques injustes", a justifié François Bayrou au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur C News ce mardi matin.

"On nous avait dit qu'on allait voir ce qu'on allait voir et que vraiment les choses allaient bien tourner", a-t-il relevé.

De son côté, François Bayrou a fait savoir qu'en dépit de ses fonctions, il répondrait à toute convocation de la justice dans le cadre de l'affaire qui vise le MoDem.

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