Doté d'une majorité nette, Macron a les mains libres — Législatives

19 Juin, 2017, 13:47 | Auteur: Elisee Beauvilliers
  • Législatives vers une majorité écrasante pour La République en Marche

Un record aggravé par rapport au premier tour (51,30%) et qui place ces élections législatives au niveau de scrutins traditionnellement moins mobilisateurs, comme les européennes, les régionales ou les cantonales.

Le vote aura lieu dès samedi en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

Le chef de l'Etat attend de ce scrutin "une confirmation" qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, notamment les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail, après le succès de La République en Marche au premier tour.

Selon les estimations de plusieurs instituts, la République en marche (REM) et son allié du MoDem s'adjugent autour de 360 sièges, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges, mais nettement sous la barre des 400 que laissait augurer le premier tour.

La République en Marche est la plus représentée avec 454 candidats, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le PS (65) et le MoDem (62).

Seuls 222 députés sortants sont qualifiés pour le second tour.

Elle pourrait grimper jusqu'à 53% à 54% dimanche, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

Comme de tradition après un scrutin législatif, le Premier ministre Edouard Philippe devrait remettre lundi ou mardi la démission de son gouvernement et en former immédiatement un nouveau, qui ne devrait pas comporter de grands changements. "Personne ne peut se satisfaire d'une abstention. En France, le vote n'est pas obligatoire (.), c'est à la fois un droit et un devoir".

L'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI obtiendrait entre 128 et 130 sièges, au-dessus de la fourchette espérée à droite après le premier tour.

Seule l'ampleur de la vague macroniste reste incertaine. "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", tempère Emmanuel Rivière de Kantar Sofres.

Selon un sondage Elabe diffusé jeudi, six Français sur dix (61%) souhaitent en effet que le second tour "rectifie le premier avec une majorité moins importante qu'attendue".

Au premier tour, le mouvement d'Emmanuel Macron a obtenu 32,3% des voix. Loin derrière, les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies, devraient enregistrer de sérieux revers, avec l'effondrement du Parti socialiste et Les Républicains en grande difficulté. L'ensemble PS-PRG-DVG n'a recueilli que 9,51% des voix et le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, ne peut compter que sur quelques dizaines d'élus dans la nouvelle Assemblée. Mais le faible nombre d'élus du FN sonne le glas de ses espoirs nés de la vague nationaliste en Europe et du score historique atteint au second tour de la présidentielle. Très loin des 284 sièges socialistes de l'Assemblée sortante, mais là aussi moins catastrophique que redouté pour un parti qui craignait de ne pouvoir constituer un groupe parlementaire (15 personnes minimum).

Sont en revanche battus les anciens ministres Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, Richard Ferrand malgré les affaires judiciaires, Bruno Le Maire et Annick Girardin ont été élus.

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