Deux suspects seront entendus par un juge dans l'affaire Grégory

18 Juin, 2017, 01:16 | Auteur: Elisee Beauvilliers
  • Affaire Grégory la mise en garde à vue d'un couple vosgien relance l'enquête

Une mise en examen qui, si il ne désigne pas explicitement Jacqueline et Marcel Jacob comme les auteurs du meurtre, s'en rapproche néanmoins.

Marcel Jacob avait été soupçonné une première fois d'être le corbeau lorsqu'une lettre anonyme avait fait état d'une altercation entre deux frères de Jean-Marie dont il avait été le seul témoin.

TF1 L'enquête sur la mort du petit Grégory en 1984, dans le cadre de laquelle trois membres de la famille Villemin sont en garde à vue, montre que "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", a annoncé jeudi 15 juin le procureur général de Dijon.

Marcel Jacob, 71 ans, l'oncle du père de l'enfant de quatre ans retrouvé mort pieds et poings liés dans un cours d'eau en octobre 1984 dans l'est de la France, a été placé en détention provisoire. Jacqueline et Marcel Jacob ont nié leur participation à l'enlèvement. Ce vendredi, Jean-Jacques Bosc, procureur de la République de Dijon, a donc fait le point sur ces nouvelles avancées. "Il n'y a aucun élément scientifique". La première est déposée derrière les volets de la maison des Villemin, le 4 mars 1983 soit un an et demi avant l'assassinat du petit Grégory. Le procureur voit aussi dans l'attitude du couple, qui nie le conflit ou certains rapports verbaux violents entre eux et les Villemin, une preuve de leur mauvaise foi qui, selon lui, les accuse.

Même son de cloche pour l'avocat de Marcel Jacob. "Mme Thuriot, épouse Jacob, et M. Jacob ont été mis en examen pour la qualification d'enlèvement et séquestration de l'enfant Grégory". Il décrit un homme effrayé par la mort et si respectueux de la loi que "si on lui dit de rouler à 50, il roule à 40".

"La mise en examen, pour être valable, nécessite l'existence d'indices graves et concordants". Ce droit "doit être strictement appliqué pour éviter tout dérapage", insiste Gary Lagardette.

Ginette Villemin, la tante de Grégory, qui avait été interpellée mercredi en même temps queux, a été remise en liberté jeudi soir sans quaucune charge soit retenue contre elle.

Marcel Jacob et Michel Villemin, l'oncle aujourd'hui décédé de Grégory, étaient très liés à Bernard Laroche, premier suspect de l'affaire, tué en 1985 par Jean-Marie, le père de l'enfant qui le pensait coupable.

C'est donc le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes. Dans le passé, les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984. La justice constate "une similitude importante des termes " utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983.

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