Abstention historique, de 355 à 360 sièges pour LREM-MoDem — Législatives françaises

19 Juin, 2017, 09:58 | Auteur: Valentin Naude
  • Emmanuel Macron le 8 juin 2017 à Paris.-AFP  Archives  PATRICK KOVARIK

La soirée électorale est marquée par un nouveau record: celui de l'abstention pour des élections législatives, qui devrait dépasser les 56%, selon plusieurs instituts.

La République en marche (LRM), le parti du président français Emmanuel Macron, et ses alliés du MoDem ont décroché dimanche une majorité absolue de 355 à 403 sièges sur 577, selon les estimations réalisées par les instituts de sondage. Un scénario auquel personne ne croyait vraiment il y a encore quelques semaines. Ainsi, les Républicains et leurs alliés centristes de droite n'escomptaient qu'entre 60 et 120 sièges contre 200 dans la précédente assemblée, tandis que le Parti socialiste, très largement majoritaire durant le septennat Hollande, doit vivre un terrible effondrement qui ébranle jusqu'à son devenir. Ce score reste cependant nettement en deçà de la barre des 400 évoqué à l'issue du premier tour, le 11 juin.

" L'abstention est proche de 57 %, ce qui révèle une démobilisation massive parmi les électeurs, et La République en marche compte moins de députés que les prévisions lui donnaient durant l'entre-deux-tours".

Au premier tour, l'alliance REM-MoDem a obtenu 32,3% des voix mais sa position centrale lui permet d'espérer des reports de voix de candidats de droite comme de gauche et donc de gagner la plupart de ses duels de second tour. Chez Les Républicains, les semaines à venir pourraient annoncer de profondes divisions.

" L'abstention fragilise considérablement la légitimité de la nouvelle Assemblée nationale, a déclaré Marine Le Pen. À cela s'ajoute celle gravissime du manque de représentativité de la chambre élue ce soir". D'un côté, la droite résiste et devrait remporter environ 130 sièges. Suivent LR avec 126 députés, La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (avec le PCF) avec 26 sièges, le Parti socialiste et ses alliés avec 46 sièges et le Front National avec 8 sièges.

Non investi par le PS, mais non concurrencé par la REM, Manuel Valls a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur sa concurrente de la France insoumise (LFI), Farida Amrani.

Dans la 3e circonscription; l'une des exceptions au niveau national où le Parti socialiste a pu se maintenir, Mireille Robert (LREM) sera face à André Viola (PS). Une "déroute incontestable ", a admis son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, qui a annoncé son retrait de la direction du parti. La majorité présidentielle sera composée d'un grand nombre de députés sans expérience politique, souvent inconnus du public.

Enfin, l'extrême droite française obtiendrait huit sièges, contre deux en 2012. Même sort pour le chef de file des frondeurs PS Christian Paul ou le numéro 2 du FN Florian Philippot.

Grâce à ce résultat, Emmanuel Macron a désormais toutes les cartes en main pour mettre en oeuvre sa politique.

Seuls 222 députés sortants étaient qualifiés pour le deuxième tour et 224 autres sortants ne se représentaient pas, plus du double qu'en 2012. C'est finalement son rival Bruno Bonnell (REM) qui a été élu. A quoi s'ajoute les effets du "dégagisme" qui a gagné un grand nombre d'électeurs français dans un pays où la défiance envers la classe politique traditionnelle est croissante. Pas même Emmanuel Macron qui, le 28 février, lors d'un meeting à Angers, déclarait: "Dans tous les sondages, aucun candidat à la présidentielle ne fait résolument plus de 25%". Les Français ont donc corrigé les résultats du 1er tour par crainte, peut-être, d'un éventuel absolutisme du parti du président et de ses possibles excès. "Moi je n'y crois pas".

Une manifestation a d'ores et déjà été annoncée pour ce lundi par le "front social qui s'oppose à la refonte du code du travail".

Jean-Luc Mélenchon a annoncé un "groupe parlementaire" des insoumis, sans évoquer les communistes.

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