Vu d'Israël. Donal Trump a t-il transmis des informations secrètes ?

19 Mai, 2017, 09:05 | Auteur: Eugenie Lecerf
  • Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 13 mai 2017 Olivier Douliery

Selon le Washington Post et d'autres médias, M. Trump a dévoilé la semaine passée lors d'une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et l'ambassadeur russe à la Maison-Blanche, des informations hautement classifiées et provenant d'un partenaire des États-Unis sur un projet de l'organisation djihadiste État islamique (EI) de piéger des ordinateurs portables susceptibles d'exploser à bord d'un avion.

Donald Trump effectuera à partir de vendredi son premier voyage officiel à l'étranger depuis son investiture.

Mais tous les commentateurs s'interrogeaient sur les conséquences que l'affaire pourrait avoir pour la coopération sécuritaire entre les deux pays et sur les risques qu'elle faisait courir à Israël et à ses activités d'espionnage. Ils évoquaient le danger que des méthodes ou des sources soient compromises et que des informations passent de la Russie à l'Iran ou au Hezbollah libanais, deux ennemis d'Israël.

La Russie, l'Iran et le Hezbollah soutiennent militairement le régime de Bachar al-Assad, avec lequel Israël reste en guerre.

Israël, également préoccupé par le jihadisme, a un intérêt évident à s'intéresser de près à son voisin syrien, où l'EI sévit. Le groupe terroriste avait revendiqué en 2015 l'exécution d'un Arabe israélien accusé d'espionner pour le Mossad, les services secrets israéliens. A la veille de la visite du président américain au Proche-Orient, on se demande si ces attentes n'étaient pas un peu exagérées et si les dirigeants israéliens ne sont pas en passe perdre leurs illusions sur un changement de la politique américaine. Un Américain aurait dit que le mur n'était pas en territoire israélien, mais en Cisjordanie occupée.

Selon plusieurs sources, les renseignements israéliens avaient déjà mis leurs homologues américains en garde contre la transmission de données secrètes au nouveau président, redoutant que celles-ci ne fuitent vers Moscou.

Les relations entre Israël et l'administration Trump se sont crispées de manière brusque et inattendue peu avant la visite du président américain, autour de sujets chargés de symboles comme le mur des Lamentations et la situation de l'ambassade des Etats-Unis. Son envoyé pour le processus de paix Jason Greenblatt devrait arriver jeudi en Israël pour la deuxième fois sa prise de fonction.

Aussi les mots rapportés ont-ils causé "un choc", a dit un responsable au bureau du Premier ministre sous le couvert de l'anonymat.

Depuis quelques jours le scepticisme règne en Israël sur le soutien de Trump au gouvernement de Netanyahou et les observateurs s'entendent sur une revue à la baisse des espérances israéliennes de la nouvelle administration américaine.

Trump entamera son périple en Arabie saoudite où il prononcera "un discours inspirant mais direct sur la nécessité de faire face à l'idéologie radicale et ses espoirs, les espoirs du président, d'une vision pacifique de l'islam", a dit à la presse son conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster.

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