L'avenir vert du ministre Hulot

19 Mai, 2017, 21:56 | Auteur: Valentin Naude
  • Souvent courtisé Nicolas Hulot entre pour de bon dans un gouvernement

Pour Nicolas Hulot, c'est un pari risqué, notamment pour sa notoriété. L'équipe gouvernementale du nouveau locataire de Matignon, Édouard Philippe, compte 18 ministres et 4 secrétaires d'État.

Réaction plus positive en revanche chez Michèle Rivasi. Une personnalité politiquement neutre comme Nicolas Hulot, adepte du travail collectif et située à un rang éminent au gouvernement, peut contribuer à faire des énergies renouvelables un sujet vraiment transverse. Le patron du Modem a fait le bon choix en se ralliant très tôt au leader de En Marche!.

"Le nucléaire fait partie du monde d'hier", estimait également Nicolas Hulot sur Europe 1 en avril 2016.

"Ma conviction, c'est qu'il existe d'autres alternatives", a toutefois estimé Nicolas Hulot.

Ni ministre de l'Environnement, ni ministre de l'Ecologie, ni ministre de l'Énergie... Il a accepté la proposition d'Emmanuel Macron, mais avec certaines réserves: "J'ai l'intuition, sans en avoir la certitude, que la donne politique ouvre une nouvelle opportunité d'action", a-t-il déclaré dans un communiqué hier, juste après sa nomination. Avec son arrivée au gouvernement, les rumeurs se sont donc multipliées sur des négociations d'abandon du projet d'aéroport en échange de son "oui" à Macron.

Mais, la bonne gouvernance qui est souvent aussi importante que les mesures prises semblent être une réelle priorité d'Emmanuel Macron, plus seulement dans les propos mais aussi dans les faits. Deux questions urgentes vont être posées au nouveau ministre: premièrement, comment les collectivités vont-elles payer une facture qui pourrait avoisiner les 7 milliards d'euros sur trois ans? A la tête du Ministère de la justice, il est appelé à jouer un rôle clé dans cette réconciliation des différentes France dont on a tant parlé durant la campagne. Nullement ébloui, le ministre au nom de nyctalope sera-t-il éblouissant?

Pour l'ancien candidat à la présidentielle, le nouveau ministre ne se fera pas entendre "dans un gouvernement dont le Premier ministre est un nucléariste avéré" et dont le ministre de l'Agriculture, le radical Jacques Meyzard, "a voté contre l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes". Après les supputations diverses, la liste édicte une équipe composée de poids lourds de la politique (Bayrou, Collomb, Le Drian), de figures de la droite (Le Maire, Darmanin) et de membres de la société civile (Laura Flessel, Élisabeth Borne.). Elle a présidé la Haute Autorité de santé et l'Institut national du cancer. A 34 ans, le maire de Tourcoing est l'un des espoirs des Républicains. Une " ouverture " qui n'est pas sans rappeler le modèle défendu par Nicolas Sarkozy en 2007. Concrètement, il sera en charge de Budget et de la Sécurité sociale.

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