Kiev bloque des sites et services Internet russes

18 Mai, 2017, 19:32 | Auteur: Ingrid Allaire
  • Drapeau ukrainien

Actées par un décret du président Petro Porochenko, ces mesures controversées visent en particulier VKontakte (VK), souvent présenté comme l'équivalent russe de Facebook à l'audience considérable dans toute l'ex-URSS, mais aussi le moteur de recherche Yandex.

Ces restrictions touchent une dizaine de chaînes de télévision et de sites d'information russes, et plus de 50 entreprises de TI, dont Yandex, le plus important moteur de recherche russe.

Dans le détail, parmi les sociétés visées citées dans la liste noire publiée sur la liste de la présidence ukrainienne figurent les réseaux sociaux VKontatke (VK), qui revendique plus de 15 millions d'utilisateurs ukrainiens, et Odnoklassniki ainsi que le portail Mail.ru.

Aussitôt vivement critiquée par les internautes ukrainiens, cette décision intensifie la guerre économique mais aussi la guerre de l'information, auxquelles se livrent Kiev et Moscou depuis l'annexion de la Crimée en mars 2014, suivie d'un conflit dans l'Est avec des séparatistes prorusses soutenus militairement selon les autorités ukrainiennes par la Russie qui dément.

Les antivirus des laboratoires Kaspersky sont également nommés.

La Russie n'a pas exclu des mesures de rétorsion.

Les sanctions de Kiev contre plusieurs médias russes ne correspondent pas aux valeurs européennes, a déclaré lors d'une conférence de presse Steffen Seibert, le porte-parole d'Angela Merkel.

La représentante de Reporters Sans Frontières en Ukraine, Oksana Romaniouk, s'est étonnée d'une "interdiction étrange et inattendue". "Soi-disant, c'est parce que la Russie gagne de l'argent sur nos utilisateurs et que nous en sommes en guerre".

Les fournisseurs ukrainiens d'accès à internet qui ne bloqueront pas l'accès aux sites interdits feront eux-mêmes face à de sévères sanctions.

De nombreux internautes, tel Eliot Higgins, fondateur du site d'investigation Bellingcat qui a mené de nombreuses enquêtes sur la guerre en Ukraine ont d'ailleurs relevé que les réseaux sociaux interdits, VK et Odnoklassniki, constituent un moyen essentiel de communication et d'information pour les habitants des régions en guerre. Moscou a toujours rejeté ces affirmations, indiquant simplement que ses soldats ou volontaires avaient pu se rendre dans le Donbass sur leur temps libre.

L'Ukraine s'était déjà attirée les critiques en 2015 en interdisant l'entrée sur son territoire de nombreux journalistes russes mais aussi occidentaux ayant couvert le conflit.

Plus récemment, Kiev a interdit sur son sol la candidate russe à l'Eurovision, Ioulia Samoloïva, qui s'était produite en Crimée après l'annexion.

Les autorités ukrainiennes ont ainsi prohibé certains biens, films ou livres russes, restreint l'activité des filiales des banques russes ou fermé son espace aérien aux compagnies russes.

Dans des communiqués distincts, Mail.ru et Yandex ont dit regretter une décision qui pénalise avant tout selon eux leurs utilisateurs ukrainiens mais ne devrait pas avoir d'importantes répercussions financières sur leurs bilans.

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