Etats-Unis : "Donald Trump se dirige droit vers une procédure de destitution"

19 Mai, 2017, 17:49 | Auteur: Valentin Naude
  • Le président russe Vladimir Poutine le 17 mai 2017 à Sotchi

Président des Etats-Unis depuis presque quatre mois, Donald Trump est confronté à de multiples crises, de l'ingérence russe à sa demande présumée au FBI de clore une enquête sur un proche conseiller, sans oublier ses échecs sur la santé ou l'immigration. D'après le New York Times, Trump aurait déclaré: "J'espère que vous pouvez vous sentir libre de laissez tomber ça, de laisser tomber Flynn".

La commission du Renseignement du Sénat américain a pressé mercredi l'ex-directeur du FBI James Comey de venir témoigner lors d'une audition publique, alors que les circonstances de son limogeage par Donald Trump sont controversées.

Le présumé partage d'informations hautement classifiées du président américain Donald Trump avec les Russes, au sein de la Maison-Blanche, n'a fait qu'amplifier la grogne qui monte, de plus en plus, chez les électeurs républicains contre leurs représentants au Congrès.

Le président justifie d'abord ce limogeage par le comportement de M. Comey à la fin de l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton, avant de changer de version en affirmant qu'il avait de toute façon l'intention de se séparer du premier policier des Etats-Unis.

Selon le Washington Post, le président aurait aussi divulgué des informations sensibles confiées par Israël à propos du groupe Etat islamique (EI), lors d'un entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères. Avant que Moscou ne s'en mêle: "Si l'administration américaine l'autorise, nous sommes prêts à fournir l'enregistrement de la conversation entre Lavrov et Trump au Congrès et au Sénat américains", a proposé Vladimir Poutine mercredi, raillant une "schizophrénie politique " aux Etats-Unis.

Pour l'instant, les chefs républicains refusent de se joindre aux appels de l'opposition démocrate à la nomination d'un procureur spécial pour reprendre l'enquête sur la Russie, aujourd'hui supervisée par le ministère de la Justice. Le député républicain Jason Chaffetz, président de la Commission parlementaire de surveillance de l'action gouvernementale, a demandé mardi soir une retranscription des communications entre Trump et James Comey, et s'est dit prêt à le faire via une assignation en justice.

Afin de démarrer les procédures contre un président, il faut la majorité des votes à la Chambre des représentants. Je le dis à tous mes collègues du sénat: "l'histoire nous regarde", a-t-il lancé sur un ton grave depuis l'hémicycle.

Des fêlures commençaient toutefois à apparaître dans la digue républicaine.

Les élus démocrates du Congrès ont crié victoire, bien que certains estiment qu'il ne s'agisse que d'une première étape et réclament la création d'une commission spéciale sur la Russie, au mandat plus large que la stricte enquête policière.

L'un d'eux est le sénateur John McCain, qui a comparé la situation, par son ampleur, au scandale du Watergate qui fit tomber Richard Nixon.

L'ancien patron du FBI aurait consigné par écrit cet échange avec le président, qui pourrait s'assimiler à une tentative d'entrave à la justice.

Donald Trump limoge le 9 mai James Comey, provoquant une onde de choc à Washington, où l'opposition soupçonne le président de vouloir entraver l'enquête sur la Russie.

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