Cumul, nucléaire, Philippe impose ses règles au gouvernement

19 Mai, 2017, 23:17 | Auteur: Abel Leblanc
  • L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve et son successeur Edouard Philippe à Matignon à Paris le 15 mai 2017

Emmanuel Macron a "fixé la feuille de route du gouvernement à long terme" car "le gouvernement a vocation à durer", a-t-il également souligné.

Ce chantier figurera parmi les tout premiers de la nouvelle équipe gouvernementale, dont le premier Conseil a eu lieu jeudi matin.

Le président, toujours selon Christophe Castaner, a achevé on intervention liminaire par 'une invitation: ne changez pas!' 'Si le président de la République et le Premier ministre ont choisi tel ou tel membre du gouvernement, c'est justement pour ce qu'ils sont', a-t-il souligné.

Macron, le rôle du président de la République est de 'fixer la stratégie', de 'donner un cap, un sens' et de préserver 'les équilibres de nos institutions'.

Pour l'heure, cette "cohérence" doit être mise au service des législatives des 11 et 18 juin, décisives pour le président Macron qui aura besoin d'une majorité parlementaire pour mener sa politique de réformes.

"Les ministres sont des militants de la majorité présidentielle, ils ne sont plus les militants de tel ou tel parti politique", a-t-il martelé. Les ministres candidats devront du reste démissionner de leur poste s'ils ne sont pas élus.

Le nouveau président "va rappeler les circonstance exceptionnelles dans lesquelles l'élection présidentielle s'est déroulée, dans un contexte très particulier avec l'accession du Front national au second tour" qui "fait porter une responsabilité particulière" à l'exécutif, selon son entourage.

La moitié proviennent de la société civile, une proportion jamais vue, dont une médaillée olympique d'escrime Laura Flessel, aux Sports, un populaire animateur de télévision écologiste, Nicolas Hulot, à la Transition écologique ou une éditrice, Françoise Nyssen, à la Culture.

A droite, Bruno Le Maire est nommé ministre de l'Economie, Gérald Darmanin est nommé ministre de l'Action et des Comptes publics. Beaucoup d'observateurs et de politiques ont estimé qu'il avait sans doute obtenu des gages solides pour dire oui cette fois-ci à Emmanuel Macron, notamment sur le projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes auquel il est opposé, ou la réduction du nucléaire.

De gauche à droite: Annick Girardin, ministre des Outre-mer, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Christophe Castener, porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. "Ce n'est pas du tout pour verrouiller la communication", a assuré Christophe Castaner.

Plusieurs journalistes et photographes ont par ailleurs déploré l'interdiction de couvrir la sortie du conseil des ministres.

Le président et le premier ministre Edouard Philippe présenteront prochainement une 'circulaire sur la place des cabinets' ministériels, a ajouté Christophe Castaner, soulignant 'qu'il n'appartenait pas aux directeurs de cabinet de se substituer aux directeurs d'administrations centrales'.

Aussi, comme le veut la tradition, la "photo de famille" a été réalisée, mais à l'intérieur du bâtiment et non pas sur les marches de l'Elysée comme le veut la coutume.

Emmanuel Macron a composé hier son premier gouvernement, une équipe de 22 membres, 18 ministres et quatre secrétaires d'Etat, relativement resserrée, paritaire, qui fait le pari de la société civile et traduit la recomposition promise avec des ministres issus de la droite, comme de la gauche et du centre. Le nouveau ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devra donc quitter la présidence de la région Bretagne et le ministre de la Justice, François Bayrou, la mairie de Pau.

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