Turquie: un photomontage de Merkel en Hitler en une d'un quotidien

21 Mars, 2017, 11:16 | Auteur: Valentin Naude
  • Jean-Claude Juncker Ce n'est pas l'UE qui se joint à la Turquie c'est la Turquie qui se joint à l'UE

Il s'agit pour le chef de l'Etat turc d'attiser la flamme nationaliste pour rallier une majorité en faveur du oui au référendum constitutionnel du 16 avril qui prévoit une concentration spectaculaire du pouvoir entre ses mains.

Au point qu'il a fustigé dimanche les "méthodes nazies" de la chancelière allemande Angela Merkel.

La Turquie reproche aux Pays-Bas d'avoir refusé la participation de ministres turcs à des meetings de soutien à Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne référendaire pour renforcer ses pouvoirs présidentiels. Le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert, a affirmé que "les comparaisons au nazisme sont toujours absurdes et déplacées car elles reviennent à minimiser les crimes contre l'humanité du national-socialisme".

"Quand on les traite de nazis, cela ne leur plaît pas". Ils manifestent leur solidarité. "Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître aujourd'hui, " c'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu) qu'une limite avait été ici franchie " suite aux propos " choquants " de M. Erdogan. "Je crois, si Dieu le veut, que le Parlement fera le nécessaire à propos de vos exigences sur la peine capitale après le 16 avril", a déclaré M. Erdogan, lors d'un discours prononcé à Canakkale, dans le nord-ouest du pays. M. Erdogan avait assimilé ces décisions à des pratiques nazies, et dénoncé "un esprit de fascisme débridé" en Europe.

L'Allemagne, qui héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires, est au centre de la crise entre la Turquie et l'Europe.

"Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est interrogé une proche de Mme Merkel et vice-présidente de son parti conservateur CDU, Julia Klöckner.

Depuis le coup d'Etat avorté du 15 juillet, le président turc a déclaré à plusieurs reprises qu'il approuverait le rétablissement de la peine de mort en cas de vote du Parlement en ce sens.

Cette déclaration vise à "blanchir" le groupe de Gülen en Europe, s'est insurgé le porte-parole de la présidence turque.

Cet accès de tension a encore écarté la perspective d'une intégration de la Turquie à l'UE, qui a pourtant été un leitmotiv des autorités turques depuis un demi-siècle.

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