Pratiques "nazies": pour l'Allemagne, le président Erdogan a "dépassé une limite"

21 Mars, 2017, 05:23 | Auteur: Elisee Beauvilliers
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Ces derniers jours, le dirigeant a enchaîné les attaques contre l'Europe. Le journal allemand à grand tirage "Bild" a publié mercredi, un article à la Une, dans lequel il dit "la vérité en face" au chef d'Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, lui affirmant sans langue de bois, qu'il n'est pas le bienvenu en Allemagne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris personnellement dimanche à la chancelière allemande Angela Merkel.

Il a reproché à Bruxelles de ne pas avoir donné son feu vert, contrairement à ce que prévoyait le pacte, à la libéralisation des visas pour les séjours courts de citoyens turcs dans l'UE.

"Pas seulement la Turquie mais l'Allemagne aussi a droit au respect", a-t-il ajouté.

"Le président de la République et la chancelière considèrent que des comparaisons avec le nazisme ou des déclarations agressives contre l'Allemagne ou d'autres Etats membres sont inacceptables", indique le communiqué de l'Elysée.

Le parti libéral de Mark Rutte est arrivé en tête des élections aux Pays-Bas avec 33 sièges, contre 20 sièges pour le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, selon des résultats compilés par l'agence de presse néerlandaise ANP, sur la base de 97% des voix.

Le président du Conseil européen Donald Tusk exprime sa "solidarité" et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se dit "scandalisé".

"L'Europe retourne doucement vers les jours qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale", avait-il estimé.

De même, lorsque le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, a été interdit de discours aux Pays-Bas puis reconduit à la frontière de ce pays, le 13 mars 2017 alors qu'il venait plaider au sein de la diaspora turque en faveur du "oui" pour le référendum du 16 avril sur l'adoption de la révision constitutionnelle, Erdogan a répondu avec la même violence sur fond de propos anti-occidentaux et ultra-nationalistes en accusant La Hollande d'avoir des "pratiques nazies ", "racistes et "islamophobes " et d'être la "capitale du fascisme, ajoutant que les Hollandais "allaient en payer le prix"..."

La municipalité d'Istanbul a par ailleurs décidé unilatéralement d'annuler un accord de jumelage avec Rotterdam, qui date de 2005.

Jeudi, deux nouveaux rassemblements politiques turcs ont été interdits en Europe, le premier dans la ville allemande de Hanovre, le second dans la ville autrichienne d'Innsbruck.

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