Présidentielle. Le débat vu par la presse européenne

21 Mars, 2017, 11:22 | Auteur: Abel Leblanc
  • Pierre Laurent secrétaire national du PCF et sénateur de Paris

Les affaires concernant François Fillon les ont décontenancés, et le débat de ce lundi soir devait leur permettre de trouver pour qui ils allaient finalement voter le 23 avril prochain, lors du premier tour de la présidentielle. Les cinq candidats les mieux placés - selon les sondages - pour remporter la course à l'Élysée ont confronté leur programme et leur vision lundi 20 mars sur le plateau de TF1 pendant près de trois heures. L'échange s'est particulièrement animé sur les questions de la laïcité, de la relance économique et de l'immigration. Nous avons voulu nous différencier des débats des primaires, qui ressemblaient plutôt à un face-à-face entre candidats et journalistes.

Une position que François Fillon a vertement attaquée, estimant que M. Macron est sur la même ligne que la chancelière allemande Angela Merkel. Il ne dévoilera pas les noms, car l'identité des donateurs est "protégée par la loi".

"La plupart des gens autour de moi ont été dans la vie politique pendant des décennies", a d'abord argumenté l'ancien ministre de l'Economie.

Emmanuel Macron, cible de tirs croisés de plus en plus nourris depuis qu'il a creusé l'écart sur ses adversaires de la droite et de la gauche classiques dans les enquêtes d'opinion, va dans le même sens. "Rappelant que 60 % des Français ne professent aucune religion, Jean-Luc Mélenchon a déploré que l'" on parle beaucoup trop de religion dans ce pays ".

François Fillon à Marine Le Pen: "Le vrai "serial killer" du pouvoir d'achat, c'est Marine Le Pen avec la sortie de l'euro, une inflation galopante". Benoît Hamon l'a attaqué sur le financement de sa campagne, évoquant "des dons de personnes qui appartiennent à des grands groupes et pourraient demain nous ligoter".

Réponse d'Emmanuel Macron: "Si vous n'avez pas compris que contrairement à vous je ne veux pas pactiser avec M. Poutine. que, contrairement à vous, je veux une politique française forte mais responsable, pas la ruine, pas les dépenses qu'on ne sait pas financer... que contrairement à vous, je veux une France forte dans l'Europe, que j'assume pleinement, c'est notre grand désaccord!"

Mais c'est essentiellement sur le contenu de leurs projets que les candidats se sont affrontés.

Jean-Luc Mélenchon, du parti d'extrême gauche La France insoumise, a indiqué qu'il mettrait fin à "la monarchie présidentielle".

"Ouvrez les yeux, M. Hamon!" lance ensuite Marine Le Pen sur la sécurité. Assumant des points communs aussi bien avec François Fillon sur la nécessité de renforcer l'apprentissage, qu'avec Jean-Luc Mélenchon. Donc ça veut dire qu'il y avait quand même un intérêt et quand vous écoutiez tout, il y avait quand même des clarifications intéressantes, des non-clarifications indicatives et des escarmouches amusantes.

Benoît Hamon s'en est également pris à Marine Le Pen en l'accusant d'être " droguée aux pages faits divers " des journaux. Une critique que ce dernier a qualifiée de " diffamation ". " Avec cette règle-là [fondée sur les sondages],je n'aurais pas pu participer aux débats des primaires", a fait remarquer François Fillon.

Le Conseil d'État a débouté jeudi le recours déposé par Nicolas Dupont-Aignan pour contester ces absences, n'y voyant pas "une atteinte grave et manifestement illégale au pluralisme", ni "une méconnaissance du principe d'équité". " Après le débat, la campagne va-t-elle enfin commencer ?"

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