Erdogan a "dépassé une limite" (Berlin) — Pratiques "nazies"

21 Mars, 2017, 14:22 | Auteur: Valentin Naude
  • Sigmar Gabriel chef de la diplomatie allemande

L'Allemagne venait alors d'interdire plusieurs meeting électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril sur l'extension des pouvoirs du président.

Les comparaisons au nazisme sont toujours absurdes et déplacées car elles reviennent à minimiser les crimes contre l'humanité du national-socialisme.
"Malheureusement, nous avons constaté qu'elles ne cessaient pas, et nous ne tolérerons pas que tous les tabous soient enfreints", a dit la chancelière à Hanovre, où elle se trouvait au salon des technologies CeBIT. Que dira le droit? "C'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie " suite aux propos "choquants" du président turc. "Nous sommes tolérants, mais pas idiots", ajoutait-il.

En effet, deux municipalités allemandes, Gaggenau (dans le Sud-Est) et Cologne (dans l'Ouest de l'Allemagne) avait annulé deux meetings de soutien au président turc, évoquant des problèmes de capacité d'accueil.

" Tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies ", a lancé dimanche à la télévision M. Erdogan à l'adresse de la chancelière. "Et contre qui? Contre mes frères citoyens vivant en Allemagne et contre mes frères ministres".

Il précise les conditions dans lesquelles des réunions électorales du parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, ont été autorisées sur le sol allemand, où vit la plus grande diaspora turque au monde, et avertit notamment que "la participation des responsables politiques turcs (.) n'est possible que dans le respect des principes" de la Constitution du pays, a-t-elle dit.

Les relations entre la Turquie et l'Union européenne traversent une crise aiguë à l'approche du référendum.

A ce propos, le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus a vilipendé lundi l'attitude "antidémocratique" des pays européens envers la Turquie, la jugeant contraire aux valeurs européennes et aux droits de l'homme.

Dans une interview publiée samedi par le magazine Der Spiegel, le chef des services de renseignement extérieurs allemands (BND), Bruno Kahl, déclare que la Turquie n'est pas parvenue à convaincre l'Allemagne que Fethullah Gülen était bien le " cerveau " du putsch manqué.

Il a jugé de même inacceptable que la presse allemande consacre autant de titres à la Turquie, y voyant une ingérence dans les affaires intérieures de ce pays.

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